Billets de martin-herpeto

Les colubridés des Pays de la Loire

 

Bonjour tout le monde et meilleurs vœux de la part d’MCLterra !

Et pour bien commencer cette nouvelle année, faisons si vous le voulez bien un petit tour d’horizon de mes reptiles préférés : les couleuvres. 5 espèces sont présentes en Pays de la Loire, permettez-moi de vous les présenter.

 

Tout d’abord, la petite et timide Coronelle lisse, Coronella austriaca (Laurenti, 1768). On ne la voit que rarement thermoréguler à découvert mais elle est bien là, présente un peu partout dans la région, ne dépassant que très exceptionnellement 60 centimètres et se régalant à plus de 70% de lézards.

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Ici un mâle adulte.

 

L’espèce la plus commune en région Pays de la Loire est sans conteste la Couleuvre à collier Natrix helvetica (Lacépède, 1789). Attention, le collier peut être absent parfois, surtout chez les vieux individus de ce serpent dont les femelles peuvent dépasser le mètre. Elle se nourrit en grande majorité d’amphibiens et apprécie particulièrement le Crapaud commun Bufo bufo (Linnaeus, 1758).

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Grande femelle qui aplatit sa tête dans une tentative d’intimidation. Pfff ! Que du bluff, cette espèce ne mord pas !

 

Sa proche cousine, la Couleuvre vipérine, Natrix maura (Linnaeus, 1758) est de taille plus modeste, mesurant en général aux alentours de 60 centimètres, et recherche plus la chaleur. Encore plus aquatique, elle se nourrit de nombreux poissons et nage remarquablement bien.

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Un juvénile de l’année, les couleurs, très contrastées, terniront avec l’âge.

 

Autrefois vénérée par les romains, la Couleuvre d’Esculape Zamenis longissimus (Laurenti, 1768) est également un serpent encore abondant dans tous les Pays de la Loire, à l’exception de la Vendée où elle est moins commune. Dépassant fréquemment 1m50, elle apprécie les toitures et les granges, où elle dératise gratuitement et efficacement !

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Un mâle en posture d’intimidation.

Enfin, espèce en pleine expansion, favorisée par le changement climatique, la Couleuvre verte et jaune, Hierophis viridiflavus (Lacépède, 1789) peut elle aussi atteindre voire dépasser 1m50. Très active et peu discrète (surtout dans les ronces !), elle chasse activement Lézards verts occidentaux Lacerta bilineata Daudin, 1802 et autres serpents, y compris des vipères.

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Spécimen subadulte.

 

En espérant que ce petit tour des colubridés de ma région vous aura plu, je vous dis à très vite pour de nouvelles aventures herpétologiques avec pour prochain sujet une présentation des salamandridés présents en France.

 

 

Guyane Partie 2 : les dendrobates

 

Bonjour tout le monde !

 

En cette période de grand froid, évadons-nous un peu vers des cieux plus cléments et retournons en Guyane !

Et on commence fort avec le plus grand dendrobatidé du monde, qui peut dépasser 5 centimètres : Dendrobates tinctorius. Ci-dessous un spécimen capturé de nuit (fait assez peu commun, l'espèce étant diurne) sur la montagne Favard, lors d'une session d'inventaire en Décembre 2016.

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La face ventrale, elle aussi très colorée.

 

Ce taxon comme de nombreux autres dendrobatidés est très variable et les spécialistes ont pu identifier des dizaines de morphes différents, qui apparaissent souvent dans des localités séparées les unes des autres mais pas toujours.

 

Voici une autre espèce présente sur le territoire guyanais et assez facilement observée : Allobates femoralis. Et ce spécimen illustre a lui seul un des traits comportementaux les plus incroyables de cette famille fascinante : les soins parentaux. En bon papa poule, le mâle déplace ses têtards dans les collectes d'eau des broméliacées pour leur assurer un micro-milieu adapté et pauvre en prédateurs. En général, les mâles effectuent plusieurs voyages avec leur progéniture, 2-3 à la fois. Celui-ci devait vouloir s'épargner des allers-retours fastidieux puisqu'il a embarqué 11 têtards d'un coup !

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Enfin, petite dernière à juste titre voici Ranitomeya amazonica, un monstre avec ses 12 à 15 millimètres adulte !

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Les couleurs de ces animaux absolument superbes sont en fait à but dissuasif envers les éventuels prédateurs. En effet des couleurs vives et contrastées dans le règne animal sont souvent synonymes de poison. Et de fait la plupart de ces grenouilles sont plus ou moins toxiques et même parfois mortelles pour l'homme en cas d'ingestion ou de simple contact prolongé ! C'est le principe de la livrée aposématique.

 

J'espère que cette petite touche de couleur vous aura réchauffé et je vous dis à bientôt pour toujours plus de rencontres herpétologiques.

 

 

Les anomalies chromatiques

 

Bonjour tout le monde !

Comme promis voici quelques spécimens croisés au cours de sessions de prospection quelques peu différents des standards habituels des taxa auxquels ils appartiennent.

Tout d’abord un exemplaire du Lézard des murailles, Podarcis muralis observé très récemment en Gironde qui, de toute évidence a trop thermorégulé ! Il s’agit d’un spécimen tirant franchement sur le mélanisme même si les motifs longitudinaux typiques de l’espèce sont encore visibles.

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Entièrement mélanique cette fois, cette impressionnante Couleuvre à collier, Natrix helvetica femelle de plus de 120 centimètres, observée en Mai dernier en forêt d’Iraty et malheureusement tuée sur la route. Voici un aperçu de cette écaillure hors du commun.

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Plus colorée maintenant voici une Salamandre tachetée, Salamandra salamandra terrestris présentant des motifs non pas jaunes comme habituellement mais oranges. Le premier spécimen que j'ai pu observer in situ !

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Et pour finir voici une Grenouille rieuse Pelophylax ridibundus de Sarthe qui elle, a simplifié les choses puisqu’elle n’a quasiment plus de motifs ! Ce spécimen vert pomme éclatant est presque concolore et même si le taxon est extrêmement variable, un tel individu ne s’observe pas tous les jours !

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Sure ce je vous laisse, je vais bien réussir à dénicher une ou deux « bestioles bizarres » à vous faire partager avant la fin de la saison.

A bientôt tout le monde !

 

 

Herpétofaune pyrénéenne

 

Bonjour tout le monde !

 

Cette fois nous allons découvrir quelques sous-espèces endémiques de la zone pyrénéenne. Pour cela MCLterra s'est offert 3 jours non-stop de trip herpéto dans les Pyrénées fin Mai, dont 2 jours 3/4 sous la pluie !

Pour commencer voici Salamandra salamandra fastuosa, ici un spécimen du massif d'Iraty.

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Les Grenouilles rousses sont elles aussi différentes avec la forme dite « à longues pattes » ou De Gasser : Rana temporaria parvipalmata. Ci-dessous un mâle adulte des Pyrénées Orientales.

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Les reptiles ne sont pas en reste avec la Vipère aspic de Zinniker ( Vipera aspis zinnikeri ), il s'agit là d'un spécimen d'Espagne.

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Les Lézards des souches sont présents sur certains secteurs d'altitude comme ici, vers 1100m dans les Pyrénées Orientales. Un beau mâle adulte Lacerta agilis garzoni.

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Enfin, les Couleuvres à collier sont ici...sans collier ! Mais par contre elles ont un sacré caractère et se prennent pour leurs illustres cousins, les cobras. Une femelle adulte Natrix natrix astreptophora, à la frontière espagnole, qui venait d'ingérer un micro-mammifère.

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J'espère que cette escapade dans les Pyrénées vous a plu et pour vous faire patienter, sachez que le prochain article traitera de spécimens avec des anomalies chromatiques parfois étonnantes !

 

A bientôt tout le monde !